
Les sargasses font partie des rares problèmes marins que l’on peut observer depuis l’espace. La grande ceinture de sargasses de l’Atlantique, une prolifération récurrente qui se forme chaque année depuis 2011, peut s’étendre de l’Afrique de l’Ouest au golfe du Mexique.1 La voir est le plus simple. Savoir quelle plage elle atteindra, et quand, exige plusieurs couches de prévision qui fonctionnent ensemble.
Couche 1 : voir la ceinture depuis l’orbite
Les sargasses flottantes réfléchissent la lumière différemment de l’eau libre, surtout dans le proche infrarouge. Des instruments satellites comme MODIS et VIIRS, et depuis 2024 l’Ocean Color Instrument de la mission PACE de la NASA, mesurent cette différence. Les chercheurs la convertissent en un indice de densité d’algues flottantes cartographiable à l’échelle de l’Atlantique.12
Ces cartes ont montré une année record en 2025. En juin 2026, la ceinture était la deuxième plus importante jamais observée, tandis que la mer des Caraïbes et le golfe atteignaient des niveaux records. La NASA a estimé à environ 9 millions de tonnes les sargasses présentes dans l’est des Caraïbes et à 3,6 millions dans l’ouest ce mois-là.1
Sargasses dans l’est des Caraïbes en juin 2026, un mois record, selon NASA Earth Observatory.1
Couche 2 : la perspective mensuelle
Le laboratoire d’océanographie optique de l’Université de Floride du Sud exploite le Sargassum Watch System, qui publie des cartes satellites quotidiennes et hebdomadaires ainsi qu’un bulletin mensuel de perspectives sur les sargasses.23 Ces bulletins décrivent la quantité de sargasses dans chaque région, leur évolution et ce à quoi s’attendre dans les mois à venir. Pour un hôtel ou un office de tourisme, c’est la vue qui sert à planifier la saison : l’année sera-t-elle forte, et quand le pic arrivera-t-il ?
Couche 3 : le risque d’échouement hebdomadaire
Les cartes à l’échelle du bassin n’indiquent pas quelle plage sera touchée. Le Laboratoire océanographique et météorologique de l’Atlantique de la NOAA affine l’analyse avec un produit expérimental de risque d’échouement des sargasses. Il analyse la densité satellite dans les 50 à 100 km d’eau au large de chaque portion de côte et attribue un niveau de risque hebdomadaire : faible, vigilance, moyen ou élevé.4
La NOAA est claire sur la limite. Ce sont les vents, les vagues et les courants qui déterminent en fin de compte la quantité d’algues qui s’échoue, et la recherche a montré que l’ajout des données de vent soufflant vers la côte améliore nettement la concordance avec ce qui arrive réellement.4
Couche 4 : les derniers kilomètres
La dernière étape est la plus difficile : suivre chaque radeau pendant plusieurs jours, près de la côte, là où les nuages, les vagues et la forme du littoral décident du résultat. C’est là que les produits satellites rejoignent les modèles de dérive fondés sur les courants de surface et le vent, et là qu’une présence sur l’eau compte le plus.
Comment HavBotics prévoit d’utiliser chaque couche
BeachDefender est en cours de conception autour de cet ensemble. Dans l’approche prévue, les perspectives mensuelles fixeraient le plan de saison et le nombre de paires de navires dont un littoral a besoin. Les cartes de risque hebdomadaires et les prévisions de dérive indiqueraient aux équipages où positionner les paires au large. Les caméras 360° embarquées et la surveillance en direct depuis la terre géreraient l’approche finale, afin de pouvoir intercepter les radeaux en mer et les dévier avant qu’ils n’atteignent la plage.
Valider ce concept d’opérations, c’est-à-dire montrer que les proliférations peuvent être vues et prévues avec assez de précision pour les intercepter, est l’un des trois objectifs de la levée de fonds de pré-amorçage de HavBotics.